
L’Église des premiers siècles
(2ème partie)
Les premiers chrétiens furent principalement persécutés car ils refusaient d’adorer l’empereur de Rome et ses dieux, et ceux qui ne reniaient pas leur foi étaient exécutés.
Pour pratiquer leur foi, notamment à Rome, les chrétiens se retrouvaient dans les catacombes. Ils y enterraient aussi leurs morts.
Cependant, une vénération vit le jour pour les martyrs chrétiens qui furent considérés, bien que morts, comme des intercesseurs auprès de Dieu.
Ces premières formes de superstition entrèrent petit à petit dans le culte et la pensée de l’église, faisant entrevoir les prémices de l’église Romaine.
Aux II ème et III ème Siècles, l’église croît numériquement et se hiérarchise.
L’église dans la société romaine.
Dans l’empire romain, les premiers chrétiens étaient considérés comme des individus marginaux et dangereux, et se retrouvaient au banc de la société, et nombre de professions leurs étaient inaccessibles, à moins de renoncer à leur foi.
L’empereur Gallien (253-268) fut le premier empereur à promulguer un édit de tolérance en faveur de ceux-ci, bien que le christianisme resta une religion prohibée dans tout l’empire.
Sous la fin du règne de Dioclétien (284-305), l’empereur, fort attaché aux dieux traditionnels romains, déclencha une grande persécution allant jusqu’à faire brûler les écrits sacrés.
Dioclétien comprenant que l'empire était trop vaste pour être gouverné par un seul homme, mit en place une réforme et le divisa en une partie occidentale et une partie orientale.
Chaque partie avait son propre empereur (l'Auguste) et son héritier (le César).
Avec le temps, deux capitales se détachèrent : Rome, en Occident, et Constantinople, en Orient. Dioclétien doubla les effectifs de l'armée et augmenta fortement l’impôt.
La naissance de l’église Romaine.
L’empereur Constantin le Grand (306-337), se convertit au christianisme en l’an 312.
Excellent politicien, Constantin constate les progrès du christianisme dans l’ensemble de l’empire et renonce à la politique de persécution de ses prédécesseurs.
Il prend le parti de s'appuyer sur le christianisme pour consolider l'unité de l'empire.
En 313, avec l’empereur d'Orient, Licinius, il publie à Milan un édit de tolérance en faveur des chrétiens.
Cependant, l'entente entre Licinius et Constantin ne dure pas et les deux hommes s'affrontent. En 324, à la suite de la défaite de Licinius, l'empire romain retrouve son unité sous l'autorité de Constantin.
Constantin déploya pour la religion qu’il avait embrassée un zèle d’ambition personnelle plus que de réelle conversion.
Il prit le titre de souverain pontife et devint le chef de l’ensemble des cultes de l’empire.
Ces raisons pesèrent sans doute fortement dans la balance, pour le faire renoncer à une religion vieillissante qui tombait en décadence. En adoptant le christianisme, il voyait en cette nouvelle croyance un renouveau qui servirait ses ambitions.
Constantin, pour arriver à bout de ses desseins ambitieux, n’hésita pas à faire périr son beau-père, et deux de ses beaux-frères.
Sur une fausse accusation de sa seconde femme, l’impératrice Fausta, il fit mettre à mort son propre fils Crispus ; puis, ayant reconnu l’injustice de l’accusation, il fit aussi mourir Fausta.
Malheureusement, à cette époque, les responsables des églises, évêques et docteurs, n’étaient que trop heureux d’être protégés par l’empereur, celui-ci veillant à leur enrichissement et aux honneurs qui leurs étaient apportés.
Constantin fut baptisé sur son lit de mort, pensant que ce baptême effacerait ses péchés.
Sous Constantin, les communautés chrétiennes furent autorisées à recevoir des donations. Les membres du clergé jouirent de tous les privilèges qu’avaient autrefois les prêtres païens. Ils furent comblés d’honneurs et de richesses, exemptés des charges publiques, et reçurent pour leur traitement et l’entretien du culte, des sommes tirées des revenus de chaque ville.
Constantin prescrivit l’observation du dimanche, somma les gouverneurs de province encore païens de renoncer à leur culte idolâtre, et accorda des privilèges aux villes qui renversaient les autels des faux dieux, exhortant les populations à les abandonner.
Il interdit la célébration des fêtes païennes, et fit fermer les temples, sauf à Rome.
Il donna l’ordre de produire cinquante copies de la Bible en grec pour différentes églises, sachant qu’a cette époque, les livres étaient copiés à la main, et coûtaient fort cher.
Constantin fonda la ville de Constantinople en 330, en vue de remplacer Rome comme capitale de l'empire. Il s'ensuivra à la fin du siècle la division irréversible de l'empire entre sa partie orientale et sa partie occidentale.
Le IVème siècle fut décisif pour l’histoire du christianisme et voit aussi la naissance de communautés monastiques.
Le Concile de Nicée
En l’an 325, pendant trois mois, quelque trois cent episkopos – évêques (gardien, surveillant), venus de tout l’Empire romain se réunirent sur ordre de l’empereur Constantin Ier à Nicée, sur le littoral septentrional (Turquie actuelle).
Ils étaient chargés de répondre à une question essentielle, que Christ lui-même avait posée à ses disciples : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? »
C’est dans ce contexte, à la fois religieux et politique, que naît le Credo de Nicée. Son origine est due à une crise théologique déclenchée par Arius, prêtre d’Alexandrie. Celui-ci affirmait que le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu avait été créé par le Père et n’était donc pas éternel.
Face à cette divergence, Christ est déclaré « consubstantiel au Père », c’est-à-dire de même nature divine.
Les délibérations du concile de Nicée furent marquées par de fortes tensions et des dissidences, mais les opposés au crédo furent contraints d’y adhérer sous la pression de l’empereur Constantin, celui-ci intervenant dans sa rédaction.
Le concile de Nicée produit aussi d’autres décisions, comme une date commune pour la célébration de Pâques. Le Credo devient le point commun à l’ensemble des communautés chrétiennes.
Le Crédo de Nicée-Constantinople.
Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible,
Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu.
Engendré non pas créé, consubstantiel au Père ; et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ;
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin.
Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.
Je crois en l’Église, une, sainte, universelle (catholique du latin chrétien catholicus, du grec katholikos qui signifie général, universel ) et apostolique (du grec apostolikos, dérivé de apostolos, envoyé de Dieu)
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.
Amen
L’après-Constantin.
Sous Théodose (379-395), la foi catholique romaine devint la seule religion autorisée dans l’empire, et commença à mener des persécutions.
Les évêques (episkopos) qui signifient surveillants, c’est à dire ceux qui veillent sur l’église, reçurent des places d’honneur dans le gouvernement.
En 400, les termes « romain » et « chrétien » sont devenus quasiment des synonymes.
