La Réforme (1ère partie)

La Réforme
(1ère partie)

L’apparition de la Réforme.


Alors que le Moyen-Âge avec ses mille ans d’histoire s’ouvre sur une nouvelle ère, les cicatrices laissées par la peste noire, la guerre de Cent Ans, et la prise de Constantinople par les Turcs ottomans, fracturent un peu plus les relations entre l’Orient et l’Occident.

Les esprits, encore troublés par la crainte de la mort, le souci du salut et la croyance en un purgatoire, permet à l’Église Romaine de monnayer des indulgences.

En 1492, Christophe Colomb découvre l’Amérique et en 1493, la Renaissance révolutionne en Italie, le monde des arts. 

Grâce à l’invention de l’imprimerie créée par Gutenberg en 1450, une diffusion de masse des écrits est réalisée à des prix abordables.


Le mouvement humaniste réveille l’intérêt pour l’antiquité et les textes anciens en grec et en hébreu, et particulièrement ceux de la Bible.

En ce début du XVIe siècle, l’Église Catholique Romaine traverse une crise morale et politique, qui commença deux siècles auparavant.

Le bas clergé est déconsidéré et les prêtres sont pauvres et peu instruits, quant au haut clergé, il vit généralement dans une certaine opulence grâce aux revenus des charges ecclésiastiques. Beaucoup d’évêques ne résident pas dans leur diocèse et certains, attirés par la politique, entrent au service des rois.

 

L’image de la papauté sort éprouvée par le grand schisme d’Occident, au cours duquel s’affrontent plusieurs papes entre 1378 et 1417, et par la suprématie des conciles sur la papauté proclamée au concile de Constance. Elle est également ébranlée par les conflits périodiques entre les papes et les souverains en Occident.

La Renaissance s’accompagne de mécénat au profit des arts et les papes font appel à des artistes tel Michel-Ange, mais l’église de Rome a besoin d’argent, notamment pour la construction de la basilique Saint-Pierre, d’où la vente massive d’indulgences afin de financer les travaux.

Avant cette période, au cours des deux siècles précédents, beaucoup de voix se sont fait entendre pour réclamer une réforme de l’Église, notamment par des membres du clergé romain, mais la réponse ne vient pas et pour préserver son autorité, l’église de Rome préfère condamner. Nombres sont les hommes et les femmes qui furent persécutés tel les Vaudois, Wyclif, Jan Hus. 

L’humaniste Lefèvre d’Étaples (1450-1536) et l’évêque Guillaume Briçonnet sont à l’origine du cénacle de Meaux. Ils préconisent la prédication de l’Écriture dans les paroisses du diocèse de Meaux en langue française. Lefèvre d’Étaples entreprend la traduction en français du Nouveau Testament à partir de la Vulgate (en latin) mais avec des modifications effectuées d’après le texte grec. 

Le succès de cette traduction éditée à Paris en 1523 et 1525 est considérable mais vaut à son auteur de nombreux ennuis notamment de l’université catholique de Paris qui la fait interdire par le Parlement de Paris en 1526.

Cependant, le soutien de Marguerite de Navarre et de François 1er permettent à Lefèvre d’Étaples de reprendre ses travaux et de traduire l’ensemble de l’Ancien Testament, et publie sa traduction de la Bible en Français à Anvers avec le soutien de l’université de Louvain. 

Dans le Saint Empire Romain, Martin Luther ouvre la voie à la Réforme.

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